Terrain d’av’ interclub au Caroux, Octobre 2019

Une sortie d’escalade en terrain d’aventure au Caroux, organisée par Roc14, a rassemblé treize grimpeurs et grimpeuses de clubs FSGT de la région parisienne et du nouveau club de Grenoble, Pic et Col, du 26 octobre au 2 novembre 2019.  Cette sortie s’adressait  à des grimpeurs ayant suivi une formation d’initiation TA ou ayant déjà une pratique de l’escalade de grandes voies non équipées.

 

Le massif du Caroux se trouve dans le parc naturel régional du Haut-Languedoc. Ses gorges, falaises et aiguilles d’une altitude jusqu’à 1100m, invitent à l’escalade. On y trouve plus de 500 voies, du 4a au 6c, du PD au ED, en général du type terrain d’aventure partiellement équipées ou non-équipées, avec une belle ambiance « montagne ». Le rocher (gneiss, micaschiste et granit) y est excellent et se prête bien à la pose de coinceurs.

L’ensemble du groupe partageait une maison ancienne du très beau village de Saint-Martin-de-l’Arçon, à proximité des gorges d’Héric. Plusieurs participants qui réalisaient leurs premières grandes voies non équipées en autonome ont pu compter sur des binômes plus expérimentés pour se lancer dans des projets audacieux et progresser. La météo globalement clémente a permi de s’aventurer sur les parois du Caroux cinq des six jours passés sur place.

Parmi les réalisations qui ont marqué les participants par leur beauté, on peut citer la Voie du Grand Livre avec son dièdre magistral, le Pilier Ouest du Rieutord qui se développe sur plus de  300m, et les « Trois Poupées » (aiguilles Godefroy, Déplasse et Viallat) dans les gorges d’Héric, la Directissime de la majestueuse Grande Paroi d’Arles ou encore la Parallèle du Bastion de Cadiol.

 

Récit d’une aventure au Caroux

 

Premier jour

 

Adam et moi arrivons un peu avant les autres. On visite le gîte avec Paul ; la maison est vieillote et encore pleine d’affaires, comme si ses propriétaires étaient seulement partis en voyage, ou plutôt que nous squattions leur maison de vacances. Le village de Saint-Martin-de-l’Arçon est tout à fait pittoresque : c’est comme si les bâtisses, reliées les unes aux autres par des arches et des terrasses communes, avaient toutes été construites d’un bloc. On se croirait dans un roman de Giono.

Le minibus arrive une heure plus tard, la compagnie tire des têtes d’enterrement ! Mais pas pour longtemps. On ouvre des bières et on commence à réfléchir aux projets d’escalade pour le lendemain. Adam nous cuisine un bon petit repas et on partage la bouteille de Gigondas qu’on a achetée à la cave sur la route.

Le lendemain, nous allons aux Gorges d’Héric, le plus grand secteur ; seuls Philippe et Carlos vont explorer un autre endroit, à pied au départ du gîte. Nous découvrons une gorge large et boisée parsemée de rochers ocres. Difficile de distinguer les divers pics et aiguilles ! D’ailleurs deux cordées se perdront deux bonnes heures avant de trouver enfin la bonne montagne. Le rocher est délicieux et nous sommes trop contents de poser nos jouets dans les fissures.

Nous nous retrouvons le soir au gîte : Clément est arrivé ! On boit des coups et on refait des cordées. Jérémie nous régale avec une soupe de nouilles chinoises. On commence certainement à parler de Maths… des histoires de notes, de préservatifs l’un sur l’autre et de roues de vélo carrées. On finit par aller se coucher quand même.

 

Second jour

 

Au matin c’est le branle-bas de combat : on petit-déj et tous au camion pour retourner aux Gorges d’Héric. Hier c’était l’échauffement, cette fois on a des projets plus ambitieux ! Des cordées vont escalader les aiguilles Viallat et Déplasse, d’autres vont à l’épaule du Rieutord. Certains ne rentrent qu’à la nuit tombée tandis que Philippe et Clément se la coulent douce au gîte après être rentrés à pieds. Clément dit : c’est super de rentrer à pied, c’est aussi rapide que de redescendre au parking (mensonge mensonge !). On raconte nos zexploits zhéroïques : je me suis chiée dans « le grand livre » que Benoît a passé héroïquement, Jérémie et Adam se sont perdus toute la journée et se vantent d’avoir arpenté tous les chemins du Caroux, Hubert et Reinhard ont croisé des mouflons à la sortie de « l’Empire des mouflons » (quelle logique!), Clément a fait la Déplasse en une seule fois en corde tendue. On danse un peu la cumbia devant la cheminée avant de passer à table : Carlos a fait des fajitas au poulet ! On va se coucher tôt. Tristan, pas ravi de sa dernière nuit en lits superposés, prend ses quartiers dans notre Trafic.

 

Troisième jour

 

rebelote la gorge d’Héric. On est toujours aussi chaud.es-bouillant.es. Plusieurs cordées vont faire « le grand livre », une fissure rectiligne de 45m à prendre en Dülfer : magnifique ! Adam et Magali font l’aiguille Godefroy. Clément et moi faisons les mouflons et redescendons à pied au gîte : interminable, je jure pour la nième fois que je ne marcherai plus jamais de ma vie. On arrive au gîte et là, catastrophe : il n’y a plus de bière, il faut boire du kir. Jérémie nous raconte qu’il s’est perdu à l’approche de la voie pour la troisième fois sur trois jours : il croit à une malédiction. Moi je pense que c’est parce qu’il est trop sympa et qu’il distrait chaque fois son binôme. Il est vrai que les chemins du Caroux sont tortueux et qu’il n’est pas toujours facile de suivre les points bleus et rouges peints sur les rochers. Magali a préparé un délicieux minestrone et un risotto poire-gorgonzola : on se régale. Alexandre nous quitte pour repartir sur les routes avec son camion.

 

Quatrième jour

 

on change de site ! On va tous à la gorge de Colombières, moins accessible, plus sauvage. On choisit la « Grande paroi », sauf Hubert et Jérémie qui vont au secteur « Bastion ». Les cotations sont plus sévères : on couine dans le 4c. Plusieurs cordées enchaîneront pourtant vaillamment deux voies dans le 6a. Adam et moi n’en faisons qu’une et rentrons à pied au gîte (je romps ma promesse) ; nous ramassons plein de châtaignes en chemin que nous ferons ensuite griller dans la cheminée. Le minibus arrive ; on se raconte nos aventures : Philippe, hilare, raconte qu’il a fait tomber son casque en grimpant ! Jérémie et Hubert se sont un peu perdus, mais ils ont grimpé fort. Reinhard nous prépare un couscous. Je manque de m’endormir à table tant je suis fatiguée, d’autant plus que les problèmes de Maths sont là et passionnent la plupart des convives. Reinhard, Hubert et Adam veillent et refont le monde de la recherche jusqu’à pas d’heure (23h30! quand même).

 

Cinquième jour

 

il pleut. C’est jour de repos. Certains vont visiter le petit village d’Olargues, d’autres lisent, corrigent des copies et refont le monde. Au petit-déj, Carlos essaye de boire le lait frais (de Magali), alors qu’il y a du lait pasteurisé. Benoît et moi nous nous tapons, comme tous les matins, un œuf à la coque : on est vernis ! Nous profitons de la journée pour honorer la tradition communiste du club en parlant bien de politique, de révolution, de manifs, d’anti-patriarcat. Les problèmes de Maths sont encore bien présents. Hubert fait un gâteau à la noix de coco, qui en l’absence de noix de coco devient un gâteau aux amandes. On étudie de près la météo : elle n’est bonne ni demain ni samedi. On décide d’un retour samedi matin et d’adapter les projets du lendemain. Certains optent pour la couenne, d’autres se disent qu’une grande voie facile passera. Reinhard et moi décidons de faire une course très facile typé montagne. Omelette, haricots verts et pommes de terre de Philippe.

 

Sixième jour

 

Il fait moche mais il ne pleut pas pour l’instant. On retourne à la Gorge d’Héric. Il se met à pleuvoir vers 13h, la plupart des cordées sont déjà sorties des difficultés. Reinhard et moi sommes encore dans la voie et on peine à trouver notre chemin. Après deux allers-retours flippants Ouhlala ça ne va pas, je désescalade… on finit par trouver la sortie. On désescalade l’arête nord trempée (et large comme une table) mi debout, mi à quatre-pattes et nous voilà au col ! On fête ça en chantant et en dansant On est sauvés on est sau-sau on est vé-vés ! On descend sans encombre sous la pluie, puis dans la nuit, chantant à chaque étape notre nouvel hymne. La gorge brumeuse plongée dans l’obscurité ressemble au décor d’un conte. Reinhard invente une histoire de fées, de peuple des points bleus et de peuple des cairns qui nous auraient guidés tout au long de la journée. Lorsqu’on arrive au parking, on retrouve la mission de sauvetage qui avait été déclenchée : Carlos et Hubert nous apportent du thé chaud, du chocolat et des vêtements de rechange.

On rentre au gîte ; Jérémie nous raconte sa mésaventure : il est violemment tombé sur un rocher sur le retour. Heureusement, il n’a pas grand mal, mais il a eu le souffle coupé plusieurs minutes. Benoit, son binôme du jour, l’a secouru : sa présence rassurante de médecin et la formule magique Tu sens toujours tes jambes ? lui ont rendu l’air.

On dîne : Adam, Jérémie et Carlos ont fait cuire tous les légumes dans une ratatouille géante. De mon côté de la table, la conversation s’engage autour de Catherine Destivelle. Nous nous entendons tous sur le fait que nous sommes tou.tes amoureu.ses d’elle. Carlos soutient qu’elle a « des mains de bonhomme » ; Hubert rétorque qu’elle a au contraire des mains toutes petites ; moi je suis contre. On comprend quand même qu’Hubert a un coup d’avance dans une possible idylle avec Catherine.

 

Le lendemain, c’est le départ. On range, on fait nos sacs. Magali complimente Tristan et Reinhard sur leurs techniques de lovage de cordes : Tristan love même mieux que Bernard Gorgeon, c’est dire ! On se fait des bisous ; on est triste de se quitter. On remercie Reinhard et Philippe d’avoir organisé cette sortie CHAN-MÉ !

 

 

Aiguilles

 

 

Dans le massif du Caroux

 

 

Grande Paroi d’Arles

 

 

Le Grand Livre

 

 

Un beau relais

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Ecrit par : samuel