Février 2019, Chulilla, España

Chulilla en quelques stats’ :

  • 12 grimpeurs (dont 3 grimpeuses) à l’españolo mucho aproximativo ( malgré l’acquisition rapide du vocabulaire nécessaire, à savoir “ machina ! ” et “venga venga ! ”)
  • 7 jours de grimpe (ou de repos parfois)
  • 20°C à l’ombre
  • 27 têtes d’ail, 5 kg de graines, 4 racines de gingembre, 42 assiettes de patatas bravas, 60 litres de bière et une bouteille de rhum
  • 1 sac vert perdu au milieu de nos 10 sacs de courses
  • Jusqu’à 50 mètres par longueur et 25 dégaines, du 6a au 7c+ pour nous (niveau moyen des voies d’échauffement : 7a)
  • 99 Tchoouuu et un Aaaahhh (et quelques Yaaatch)
  • Une zipette de pied
  • Un bâton en bambou
  • Un maillon rapide
  • Des croix pour tout le monde
  • …et une infinité de bonne humeur

Bon, ces quelques chiffres sont un peu approximatifs j’en conviens, mais retranscrivent assez bien l’atmosphère du séjour

 

Jour 0 : arrivée

Après 1h de route depuis Valence on arrive au charmant village de Chulilla. Un peu à l’écart du village, l’auberge El Altico est perchée juste au-dessus de la gorge où se trouvent les falaises que nous sommes venus visiter. L’idéal pour repérer les secteurs pour le lendemain.

 

 

Jour 1 : démarrage en douceur

On se chauffe un peu juste à côté du parking, puis on décide qu’avec ses 20 mètres le secteur est trop petit et on pousse jusqu’au mur des lamentations (pardon le muros des lamentationes), l’un des secteurs majeurs de Chulilla. Les voies faciles sont peu nombreuses et il y a la queue, mais c’est plutôt agréable de pique-niquer au soleil en regardant les amis grimper. Un 6b avec une traversée un brin engagée, une jolie fissure en 6c+ daubante pour tout le monde sauf pour Hervé surnommé “la machine aux gros biscotos”, et un 7a+ avec un pas retors permettent de contenter tout le monde pour cette première journée.

 

Jour 2 : les choses se corsent

Premier nuage lors du petit déjeuner. Apparemment, un sac vert s’est glissé parmi nos courses et son propriétaire est furax : il ne retrouve pas ses affaires. Il faut dire que la cuisine est exiguë, l’auberge a peu l’habitude d’accueillir des groupes et à 12, on doit être envahissants pour les autres résidents… On propose de remplacer, de partager, mais le propriétaire du sac vert est un chouia rigide : il laissera son sac là où il est, même s’il y a de la place ailleurs, nous n’avons qu’à être organisés et faire attention, que diable !

On se sépare ensuite en deux groupes : les uns se dirigent vers le soleil de la peñeta (surnommée Piñata) et les autres vers l’ombre d’Oasis et Chorreras (surnommée Churros par Sam). Du côté de Churros, les voies sont longues, magnifiques et très variées : des réglettes, des trous et des colos, il y en a pour tous les goûts. L’équipement et les cotations sont sympathiques, et les croix commencent à tomber. Oh, mais que voyons-nous ? des dégaines pendues dans un 7c+ ? seront-elles encore là demain ? Du côté de Piñata, certains se battront dans une 6c régleteuse sous un soleil de plomb, avant que Ben la machina mette tout le monde d’accord dans un flash des plus impressionnants.

 

Jour 3 : projets

On retourne à Oasis, à pied pour les plus flemmards qui souhaitent profiter du soleil avant de grimper, en voiture pour les plus sportifs qui gardent leur énergie pour les choses sérieuses. Les dégaines du 7c+ “Cap i Cua” sont encore en place et n’attendent que nous, on part à 3 dedans. Bon, à 1h ou 1h30 par essai, c’est un peu long, et le malheureux possesseur des dégaines ne pourra même pas grimper dans son projet aujourd’hui. Un magnifique 6b+ sur colos de 40 m “Long Dong John”, un 7a de 38m “Sendero Luminoso” et “La Paz Del Borrego” un 7b de 40 m doté de belles fleurs blanches aux grand bonheur d’Hervé (ce qui peut tout de même nuire à sa concentration), tous 3 étoiles, accèdent eux aussi au statut de projets.

 

Jour 4 : récupération

Après 3 jours de grimpe, c’est le moment de prendre un peu de repos. Direction El Palmar, un pittoresque village près de Valence recommandé par nos hôtes. Bon, assez touristique en fait, mais on y trouve tout de même une paella pour se sustenter. On fait ensuite un saut jusqu’à la plage, où notre botaniste-droniste-écrivain-ostéopathe-grimpeur-tennisman – j’ai nommé Hervé – nous initie à la flore méditerranéenne. Le vent souffle et il fait frisquet malgré le soleil, mais n’oublions pas que nous sommes des machines ! On se motive mutuellement et tout le monde finit par plonger joyeusement dans les vagues : il paraît que le froid, c’est bon pour la récup’ !

 

Jour 5 : persévérance

Nous retournons à Oasis poursuivre nos projets. Certains y parviennent, d’autre pas… mais tout le monde progresse, d’autres voies tout aussi jolies permettent d’alterner les plaisirs. Sam enchaîne son 1er 7a et Seb son 1er 7b (flash !) : désormais vacances !

L’ambiance s’améliore également avec notre voisin au sac vert : malgré son abord un peu rigide, celui-ci est plutôt sympathique quand il s’agit de discuter escalade et méthodes, notamment avec Vivien qui maîtrise à la perfection le langage corporel du grimpeur assidu.

La fatigue commence à se ressentir, y compris en cuisine : au menu de ce soir, vinaigrette au rhum fourbe ment concoctée par notre président ! (promis, c’est meilleur qu’à l’ail !)

 

Jour 6 : acharnement et… victoire ?

Direction Oasis encore. Après une voie de chauffe en 7a (c’est devenu une habitude), on retourne dans Cap i Cua. Les méthodes sont presque calées, une différente pour chaque grimpeur. Malgré un steak, Vivien enchaîne finalement le 7c+ (enfin, « enchaîne », ça se discute…), Olivier tombe à 50 cm du relais, et Mathilde s’éternise sur des prises pourries. Christophe et Hervé font eux aussi leur croix dans un sympathique 7b à grand renfort de “yatch” et de “tchouu”, et Ben rejoint également la caste très privilégiée des septogradistos dans un style vocal plus retenu.

Samuelo,  affranchi des contraintes des projets, prend des plombs libérés dans toutes les voies tentées.

Certaines et certains (Lucie, Steph, Nico, Guillaume…) poussent en direction du bout de la falaise pour découvrir le secteur Master, à noter : deux jolies 6b+ trois étoiles de 30 mètres.

Après la grimpe, rdv au bar : tapas et cervezas pour tout le monde. Et vous vous demandez sans doute d’où viennent les marques aperçues sur le front de votre très sage président ? Eh bien les cailloux sont innocents ! Mais sachez que les routes chulilliennes ne sont pas sûres : au retour, un panneau marchant de travers a croisé la route de Christophe, laissant les fameux stigmates.

 

Jour 7 : dernière chance

Un petit groupe d’irréductibles acharnés retourne encore et toujours à Oasis. Christophe décide de tenter lui aussi la 7c+, et nous trouve une 4e méthode pour passer le crux. Pour Olivier et Mathilde, c’est la dernière chance : hélas, la potion magique miel-citron-gingembre ne suffira pas mais qu’importe, c’était tout de même plaisant de goûter aux joies du « travail » d’une voie.

De son côté, Seb va laisser un maillon rapide à deux dégaines du relais de Sendero Sinuoso, un 7a+ qui porte bien son nom. A la tombée de la nuit, le maillon sera finalement secouru après 4 vols – 5 secs et un bref tirage de dégaine par Mathilde, qui a laissé en échange à la falaise le peu de peau qui lui restait sur les doigts : si vous repérez à Churreras des points rouges qui zigzaguent, c’est là ! Il est bien temps que le séjour se termine !

Pendant ce temps certains décident de découvrir un autre secteur. Steph, Guillaume et Nico se rendent en voiture au secteur Fantasia. Au menu du 6a et du 6b, ils ne trainent pas, le soleil tape… Plus tard ils retrouvent d’autres grimpeurs au secteur Tiò José (complètement à gauche de Piñata) et quel bonheur à l’ombre !

 

C’est là que le petit groupe fait la connaissance de Laurence et Olivier, les grimpeurs de la fabrique verticale : eux s’échauffent dans du 7c … ah non en fait, du 8a, c’est donc pour ça que ça n’est pas si facile ! Sam profite de leurs dégaines dans une 7a+ pour prendre des gros vols et travailler son mental. Hervé quant à lui le perd, quand il doit demander à son poulain de lui poser la 1ère dégaine. Heureusement, il aura l’opportunité de se goinfrer d’asperges sauvages trouvées au pied des voies grâce à sa culture botanique.

 

Le bar de Chulilla, ses bières, tapas et burgers marquent la fin de notre virée espagnole. Demain, retour vers Valence puis Paris… ah, mais pas pour tout le monde en fait. Stéph, Vivien et Sam restent en Espagne, direction Siurana, pendant encore au moins une semaine : ils promettent d’envoyer quelques news et photos régulièrement pour que les Parisiens puissent profiter encore un peu des falaises via Whatsapp, en attendant un prochain séjour grimpesque. A suivre…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Ecrit par : samuel