Roc14

Gorge de la Jonte (version Alsace)

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Compte rendu du séjour roc14 dans la Jonte… ou presque.

Je dédicace ce compte rendu à Papouchka.

tn_DSC00025Au départ, sur une idée originale de Marie & Vivien, une vingtaine de grimpeurs parisiens étaient censés partir dans les gorges de la Jonte (du côté de Millau, en bas, vers la gauche, quand tu regardes une carte de France).

Sauf que les nuages sont arrivés, et que les grimpeurs se sont affolés. Trois réactions, trois groupes :

Le premier groupe, je l'appellerai le groupe des poules mouillées. Ils se sont tous dégonflés et sont restés à Paris (je ne dirai pas pour faire quoi, cela ne nous regarde pas).

Le second groupe, je l'appellerai le groupe des poules un peu moins mouillées. Ils sont partis deux jours en Bourgogne.

Le troisième groupe, je l'appellerai le groupe des vrais grimpeurs. Ils sont partis quatre jours à l'Est.

C'est ce groupe qui nous intéresse, et dont je vais vous conter la formidable aventure.

L'Alsace-Lorraine, c'est de là que viennent la moitié de mes origines ; le Hohneck, c'est là que je vais tous les étés depuis que je sais marcher ; la Martin's Wand, c'est là que ma maman a appris à grimper ; alors oui, j'ai voulu revenir aux sources, et comme je suis secrétaire générale, je peux décider ce que j'ai envie.

Sans blague.

Et aussi, parce que l'Alsace-Lorraine, c'est la région où il était prévu du soleil, c'est la région des cigognes, la région des sous-bois moussus, la région aux hautes montagnes (*), la région aux mines de potasse, la région des gnomes et autres habitants mystérieux de la forêt, la région des grands pins, la région du munster (et Jon, il kiffe le fromage), la région des mirabelles et des brimbelles (mais bon, ce n'était pas encore la saison), la région du vin blanc et du crémant ; et en ce qui nous concerne plus particulièrement, c'est la région du granit "irréprochable" (dixit le topo), la région des fissures (j'en ai rarement vu autant), la région du grès rose (wahou !), la région de Gueberschwihr (vieux et nouveau).

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L'organisation de dernière minute (i) ayant été parfaitement gérée, je passe tellement il n'y a rien à en dire. J'arrive directement sur le groupe alors que nous sommes dans la forêt de Mossoux (88). Nous sommes samedi, mais pas depuis longtemps. Je suis endormie dans ma magnifique tente orange Andrea aux côtés de Cécile, Jon est dans sa tente sans nom, Magali et Jéjé sont juste sous les étoiles, Nico et Marie sont dans leur voiture respective. Et soudain, nous sommes arrachées de notre sommeil par les cris de désespoir de Spartakus (ii). Les mésanges s'envolent, les branches craquent, le soleil se réveille. Apeurée, Cécile se roule en boule dans son duvet, marmonne quelque chose à propos de croissant, de pain aux raisins et de 10 minutes de sommeil manquant. Brave et curieuse, je m'extirpe de ma tente pour voir ce qu'il se passe. Je suis secrétaire quand même.

En fait, c'est juste le brûleur qui manque. Beaucoup de bruit pour rien, car il nous reste quand même deux autres réchauds. Ouf, tutti va bene. Le café se prépare, le thé aussi, Marie sort le petit déjeuner prévu pour 22, et on s'attable sur la couverture high-tech de Jéjé, devant la cadillac de Joey au bonnet (ii). Qu'il fait bon respirer l'air lorrain, sur les feuilles sèches et croustillantes, et sous les bourgeons verts et naissants. Qu'il fait bon passer devant la Baffe (spécial dédicace à Hubert), qu'il est étrange de traverser Gérardmer (la boulangerie du carrefour des Xettes, en face de la Jamagne a été remplacée par une laverie, l'intermarché a déménagé plus loin et s'est transformé en méga centre commercial, les Kéhottes sont restées cachées, mais je l'imaginais bien là haut, sur le coteau). On a voulu chercher le camping de la belle hutte, on a atteint La Bresse, on a rempli les bidons d'eau à la source, on a perdu un bouchon dans le caniveau, on a rejoint le parking du Hohneck. La route du col de la Schlucht (c'est marrant d'entendre les parisiens prononcer ce nom, haha !) ressemble à une piste de bobsleigh : 4 mètres de neige de chaque côté. On se gare, on se bombarde, on fait les sacs, on range la voiture, on change les sacs, on se bombarde, on se change, on range la voiture, on prend du pain, on change de chaussures, et on est parti. Pieds nus dans la neige, ou presque. On s'enfonce, on glisse, on a froid, on a chaud, on est content. Et finalement, on est perdu. D'habitude, j'arrive de l'autre parking, et de toute façon, je ne suis jamais allée à la Martinswand. Alors on demande à des touristes, on rectifie la direction, on tombe sur deux Vosgiens avec les skis en croix dans le dos. Ils nous demandent si on a une corde pour aller chercher le pitbull coincé plus bas. On a 3 cordes, des poteaux en bois cassés et du barbelés pour les attacher, et cette information : "oui, c'est un pitbull, le gars m'a dit de ne pas m'approcher, il est jeune et pas encore tout à fait dressé". Le gars en question continue de descendre en encourageant sa bête. Alors nous, on descend de notre côté. A pied, en luge et en ski-baskets. L'éclate totale. Après, on remonte avec les mains dans les crottes de chamois, et le visage dans les branches. Martinswand, nous voilà !

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On mange, on boit, on s'équipe, on grimpe. Je ne parlerai que de l'Antoinette, dans laquelle JonChris, Magali, Jéjé et moi on s'est fini. 6a+, 36m, avec un cœur (et les cœurs, c'est important), "Bienvenue dans l'arène ! Longue dalle offrant une galerie de superbes passages ne laissant pas de glace." J'ai failli l'enchainer, c'est juste que la bonne prise de mousquetonnage était à gauche, et que mon éthique m'empêchait de m'écarter trop de la ligne des dégaines…

Sur cette ascension mémorable, on part en quête d'un camping. On tire vers l'Est, à Wihr-au-Val, au camping de la route verte. On se rapproche ainsi de Gueberschwihr, dont nous ont parlé deux Locaux, avec de la passion dans l'élocution, des étoiles dans les yeux, et des trémolos dans la voix. On plante nos tentes aux côtés d'un saule pleureur et d'un camping-car d'Allemands, on mange comme des rois, on va sagement se brosser les dents, et on s'endort dans l'Alsace.

Le lendemain, c'est dimanche, et Nico et moi on est habillé pareil. Avec les T.shirts roc14 dessinés par Lise. La classe internationale.

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Nico dans le crux d'Encore une fois merci Minus en ascension dans Oubli

Sauf qu'en Alsace, comme prévu, il fait chaud. Et que sous un T.shirt noir, on a encore plus chaud. Et que quand on grimpe avec Jon, on s'échauffe dans du 6a+, "qui réserve un gros moment d'hésitation au début de la dalle…" (les trois petits points sont dans le topo, et ne sont pas de moi). On a fait 4 voies à cœur ce jour-là. J'ai laissé mes dégaines dans Encore une fois merci (7a, "S'il vous plaît d'user de votre technique sans faille et votre endurance, cette voie est pour vous !") pour faciliter le travail de Nico, et jsuis partie faire de la slack dans la clairière d'observation. Et de là, horreur ! Que vois-je ?! Des inconnus qui se lancent à l'assaut de mes dégaines !!! Au secouuuuuuurs ! Je les entends crier, je m'affole, je tombe, je m'agite, je cours… Et je regarde la nana grimper avec angoisse. Aïe, elle vient de se prendre un plomb sur Joseph. Le pauvre encaisse le choc. Elle repart, et elle sort de la voie sans autre forme d'hésitation. Wahou. Je vais la voir, et on tchate en allemand. Ca y est, c'est ma pote, et elle est super forte.

Mes enfants rangés, mon sac prêt, je retourne à la slack. Et j'étais là, en train de devenir quasiment experte (iii), quand le ciel s'est déchiré. Les Parisiens, Alsaciens, Lorrains, Suisses et Autrichiens se sont retrouvés sous le toit, ont abrité nos sacs (merci les gars !) et ont attendu que ça passe. Moi, j'étais en extase sous l'eau (l'autre moitié de mes origines est normande), mais j'avais un peu peur pour la slack de Jon Chris, alors je l'ai libérée et rapatriée sous le toit. Une fois les nuages secs, Jon, son parapluie et Marie se sont assis sur un tronc, Magali s'est allongée sous la polaire de Jon, Jéjé est parti dans les bois avec sa corde et son sony nex-5N, moi, je sautais de rocher humide en rocher humide (iv), pendant que sous la 7a, se préparaient Cécile et Nicolas.

Le départ de la voie est en 6, donc ça va. Et voilà, il arrive dans le crux mais ne le sait pas encore. Essaie de coincer ses mains dans la fissure, cherche ses pieds, cherche son point, serre les poings. Et vole. Et retente. Et revole. L'Autrichienne vient dire à Jon qu'elle a utilisé la prise verticale bien à droite, pour passer en compression, plutôt que de prendre la réglette, qui te fait pousser et tirer dans deux directions opposées, ce qui est super dur. Nico essaie la compression. Ca reste compliqué. Les pieds sont vraiment marbrés. La nuit tombe, Marie et Jéjé ont disparu, je pars à leur recherche. Je m'enfonce dans la forêt, et je débouche sur un coin de falaise que j'aurais pu appeler "le petit paradis" : des trous partout ! Comme au viaduc ! Wahou ! Jéjé descend de Chaudoudou, et je me dis que cette voie, c'est ma voie. Je la regarde dans les yeux, et je lui dis : "je reviendrai". Et on s'en va. On n'a pas acheté à manger pour le soir, on va au restau ? Sinon, on fait les pâtes, il restera pour demain midi assez du délicieux taboulé que Cécile nous a préparé (v). On arrive au camping. On est sale, on a faim, on veut dormir. Du coup, on va se laver (enfin, pas tout le monde, mais je ne suis pas là pour rapporter). Comme il ne pleut pas, on se réserve le restau pour le lendemain. Ca nous fait un jocker dans la poche. Yeah. Finalement, il pleut. Alors on va à Munster et lâche le jocker. Cécile est contente, elle va pousser Joey à boire, comme ça, elle conduira la cadillac au retour. Youhou ! On s'arrête à l'Aubaine, je choisis mon plat, je lis le topo, je regarde encore la carte, je vois le serveur passer trois fois, et enfin, Nicolas a choisi son repas. Quiche au munster en entrée, araignée morte avec sauce au munster en résistance, et crémant (vi) en accompagnement. Je lui pique sa sauce qui est trop bonne, je lui file un bout de flamecküche végétarienne en échange parce que je suis sympa, et ils décident que d'un commun accord on va à Bergholtz demain. Quoi quoi quoi ?! Et mon Chaudoudou alors ?! Je regarde le topo, mais non, pas de trous à cœur à Bergholtz. Quelle tristesse. Mais quand on est secrétaire, il faut savoir plier pour le bien de sa communauté. Ce que je fis, avec grande classe. Là-dessus, il me fallait bien un brownie pour me remonter. Mais quand les desserts sont arrivés, je me suis rendue compte, aber zu spät, qu'il était de trop. Du coup, j'ai échangé ma boule de glace vanille avec celle au citron de Jéjé, ça passe mieux, c'est beaucoup plus léger. On est rentré en titubant, on s'est endormi dès que nos épaules ont touché terre, et on s'est réveillé frais et dispo lundi à l'aube, avec le chant de la cigogne, et l'angélus du clocher d'à côté.

Nico est parti acheter le pain et les croissants, ils ont mangé du sang d'orangs-outans, on a allongé le taboulé d'un concombre, d'une tomate et d'un paquet de fêta (vii), on a bouclé nos sacs, on a sauté dans la cadillac, et on est parti à Bergholtz. J'étais aux commandes. Normal, c'est ma région. Tout se passe bien. Sauf qu'il fallait prendre à gauche à la patte d'oie, avant la sortie du village, et qu'on est déjà sorti du village. On fait demi-tour, on s'arrête sur la place centrale, on se concerte à l'intérieur de notre voiture, Spartakus, nous klaxonne, Jon nous fait des signes, ils nous doublent et partent en trombe. Les malheureux s'engouffrent dans la rue de la forêt. Or, ce qu'on cherche, c'est la rue des sapins. Rien à voir. On les suit pour aller les sauver. Ils se garent en pente, devant le panneau "attention, tiques !", et se préparent en chantant. On leur apprend donc que d'une, ils ne sont pas dans la bonne rue, et que de deux, il y en a pour une grooooooooosse demi-heure de marche. Ils prennent ça à la rigolade, les insouciants, et on part ensemble à l'assaut du bois de la montagne. Effectivement, ça monte, et effectivement, c'est dans les bois. Enfin, après des heures de marche, au détour d'un virage rempli de pins, on entend JonChris s'exclamer, d'un ton magistral et en le pointant du bout de son parapluie : "Mesdames et Messieurs, les falaises de Bergholtz !".

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Nico, torse nu, dans Tchouk tchouk nougat ; minus, en rose, dans objectif lune, assurée par Jon, en rouge ; et Magali, en rouge aussi, dans la joie retrouvée.

tn_DSC00055Waaaaaahou ! [… je laisse le temps aux lecteurs d'admirer le spectacle. Des falaises rouges, des rochers moussus, des branches, du bois, des pins, des dalles, des fissures, des toits…]. On pose les sacs, je repère ma voie (c'est mon tour de poser les paires), je plaque la corde à ses pieds, j'enfile mon baudard, je compte mes dégaines, j'affûte mes chaussons, je me retourne, et là… je suis toute seule. Ils sont tous partis. Ils ont abandonné la secrétaire sans un seul état d'âme. Au secouuuuuuuurs ! Ah, voilà Jéjé qui surgit de la forêt, et qui, pris de pitié, propose de m'assurer dans "Et Dieu créa la flemme". Je pars. Et voilà Jon qui arrive. Et en plus, il râle. Nan, mais vraiment ! Je chute encore à cause de mon éthique (Jon, lui, passera laaaaaargement à droite), je termine, et je redescends. Je récupère mon Indien, Jéjé récupère sa mère, et je pars ensuite sur une fissure par bélénos, sans cœur, parce que le topo se lit de droite à gauche, et que ce n'est pas toujours évident. Trop facile pour Jon, qui nous fait rejoindre Cécile et Nicolas, qui sont justement, pile poil dans la voie qu'il voulait faire. Puisqu'ils nous piquent les illusions perdues (6a+), il part dans la joie retrouvée (6b+, fin commune) et se dépêche de leur piquer le relais. Haha ! Je rigole, mais tout à coup, je rigole moins, parce que c'est à mon tour d'y aller, que j'ai mis mes chaussons qui me font mal aux pieds, et que je dois encore attendre au sol que Jon m'explique les pas que je ne comprends déjà pas. Cécile est devant, je la suis de loin, de plus en plus loin. Je couine, je déglutis, je balance mes pieds sur les côtés, je coince les mains, je me tourne et me retourne, j'essaie de saisir de quoi me parle Jon quand il me dit "ta main, làààààààà !" alors que j'ai la face collée contre le rocher et que je ne vois rien de ce qu'il m'indique. Et finalement, puisque j'ai passé le crux, je tombe (ou je demande sec, je ne sais plus). Je reste encore bloquée une demi-heure sur la dégaine suivante, et voilà, je l'ai sortie. Quelle aventure. Jon est chaud bouillant. Avant que je parte, il me parlait de taboulé, maintenant que je suis revenue, il a les yeux brillants, et crack pour Serge (6c, avec un cœur, on se demande bien pourquoi d'ailleurs…). Il s'encorde et part, tout feu tout flamme. Vu d'en bas, ça a l'air horrible. Mais Jon n'a peur de rien. Il accroche Joseph dans un jeté téméraire, se repose sur la vire, trempe ses mains dans la poudre, et décolle. Chute, redécolle, rechute, reredécolle… Pendant ce temps, Nico souffle dans la 6b+. Jon la lui avait bien vendue : "Cette voie mec, c'est le gâteau sur la cerise !". Après Nico, c'est à Cécile d'y aller. Mon binôme a clippé la dégaine suivante, et est monté d'un coup au niveau de la traversée. Il nous sort sa botte secrète, le crochetage talon, pousse des cris sauvages, vole, remonte, serre des prises inexistantes, et finalement, atteint le relais. Wahou.

Ca m'a donné faim, alors on mange, pendant que Nico va voir ce fameux Serge. Le reste de la troupe nous rejoint, on prend le café avec un petit carré de chocolat noir bien serré, et Jon part enchaîner Serge. La classe internationale. Je pars juste derrière, en second, pour récupérer mes enfants plus facilement et leur éviter une décharge d'adrénaline et de stress inutile. Je pense avoir réussi trois pas, ce qui est quand même super.

En fait, on a grimpé jusqu'après 20h, donc je ne vais pas vous conter tous les exploits de Jon, je citerai juste objectif lune (7a+), test au stérone (6c) et chute, on tourne (7a), lot de consolation après un essai dans du Phil à retordre (7b+) "Pilier d'anthologie sur lequel il faut en découdre en restant sur le fil". On sort de la forêt alors que la nuit a englouti l'Alsace, que Cécile s'est endormie avec ses tiques, et que Nicolas semble attendre le dentiste.

Ce soir là, au camping, le vent soufflait fort. C'était même plus que ça. C'était la tempête qui faisait trembler les arbres. Les toiles de tentes claquaient, les camping-cars grinçaient, les oiseaux piaillaient, les bêtes étaient complètement affolées. Et Nico aussi. En voyant les branches s'arracher et tomber lourdement sur le sol, en voyant le saule pleureur qui penchait dangereusement, il devint pâle. Et avec l'énergie du désespoir, avec les muscles de ses bras bandés à bloc, il déplaça Alphonsine dans une zone dégagée, où, pensait-il, la chute du saule ne l'atteindrait pas. Et c'est ainsi, une soupe chaude au corps, bercés par l'ouragan, que nous nous endormîmes pour une dernière nuit en Alsace (viii).

Mardi matin, les gouttes du ciel tapent au-dessus de ma tête jusqu'à ce que je me réveille. Si la pluie est là, me dis-je, ça veut dire, d'une part, que ça va être compliqué de plier la tente, et d'autre part, qu'il va falloir grimper dans une grotte (ce n'est pas un problème, ici, il y en a plein). Et aussi, ça veut dire que c'est ballo d'avoir laissé ma gore-tex dans le coffre, à plus de 10 mètres de là… Du coup, il ne pleut plus, j'étends Andrea sur la haie, à côté des toiles de Magali, et je vais tranquillement manger. Cécile préparait une méga salade de pâtes, Jéjé prenait une cigogne en photo, Nico, Jon et Magali, je ne sais plus où ils étaient, et Marie rangeait son coffre. Aujourd'hui, on allait retrouver mes cœurs à trous.

Pour notre culture et enrichissement personnels, nous sommes allés voir les fissures du vieux Gueberschwihr, avant de revenir au neuf.

Je trace direct jusqu'à Chaudoudou, Jon me rejoint, check-check, et je m'élance. Je tombe. Je me re-élance, je retombe. Bon. "Celle d'à côté a l'air plus facile", il me dit. Mac, elle s'appelle. Je pars dedans. Il part dedans. Et je reviens aux pieds de Chaudoudou. Après 68 chutes, Jon enfile ses chaussons, trouve le mouv', et redescend. "Bin vas-y, fais-la ?!", lui dis-je. Il me regarde les yeux dans les yeux, et me dit : "Non Michmich. Cette voie ; c'est ta voie." Wahou. Magali, Jéjé et Marie ont eu le temps d'arriver, de se poser, de boire, de manger, de faire Mac, avant que j'atteigne enfin le premier point, les bras et les jambes en sang. Youhou !!! Je suis allée en haut, je suis redescendue, Jon est allé en haut, il est redescendu, Jéjé est allé en haut de Martine, est redescendu, et j'ai enchaîné Chaudoudou.

Je pourrais finir là-dessus, tellement c'est l'événement majeur du séjour, mais j'ajouterai que Jon a encore perfé, que Cécile était au top de sa forme et aurait voulu grimper jusqu'au bout de la nuit, que Nico était fatigué, qu'il m'a piqué mon chocolat et mon café, que Jéjé, Marie et Magali ont fini à quatre pattes dans le chemin de traverse "surprenante traversée ventre à terre… et non macadamisée", et que je n'ai même pas vu voir ça parce que j'étais en train d'essayer d'éviter d'écraser 4 bébés oiseaux sans plume…

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Retour sans encombre et sans bouchon, de 17h47 à 00h24, avec une pause champignon, à manger de la compote, du munster, du pesto et de la danette à la vanille, emmitoufflés dans la nuit.

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(*) C'est bon Jéjé, no comment.

(i) Vendredi midi, on ne savait toujours pas où l'on allait, et vendredi à 19h on était parti.

(ii) Afin de préserver leur anonymat, certaines personnes verront leur nom changer au long du récit.

(iii) J'arrivais à enchaîner 4 pas sans trop trembler.

(iv) Activité hautement risquée, qui fera dire à Jon : "Michmich, arrête tes andouillettes !"

(v) D'ailleurs, j'ai oublié de le dire, mais elle avait aussi préparé du délicieux houmous.

(vi) En fait, je ne sais plus, mais bref, du blanc, et the cru de l'année. Ou du siècle. Enfin, un truc de malade quoi.

(vii) Tous ces détails culinaires ont pour vocation de faire approcher le lecteur au plus près de notre histoire, de ses goûts, de ses odeurs et de ses saveurs.

(viii) Pas la dernière de la vie, bien sûr, mais la dernière du séjour.

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Merci Papouchka d'avoir habité là bas et d'avoir mis de l'Alsace-Lorraine dans le sang de tes enfants qui coule dans nos veines ;

Merci à toi, Caius, pour nous y avoir envoyés. Même si t'aurais pu aussi annuler ton séjour en Guadeloupe pour venir avec nous…

Merci Marie, toi qui a pris soin de nous, comme si nous étions tes propres enfants (la preuve, c'est que c'était Jon le plus petit et que c'était lui ton chouchou) ;

Merci Magali de m'avoir aidée à passer le crux de la 7a (je parle de Encore une fois merci, il est bon de le préciser, tellement j'ai passé de 7a dans ce séjour…) ;

Merci Cécile, pour les pâtes, le pesto, le taboulé, la conduite, ta joie et ton énergie communicatives ;

Merci Nico d'avoir mangé tout mon chocolat, grâce à toi, je ne grossirai pas ;

Merci Jon, de m'avoir envoyée sur la lune, sous les toits, dans les fissures, dans les voies à cœurs et en photo dans le topo ;

Merci Jéjé, pour le café, pour les photos que tu vas m'envoyer (surtout celle de la course d'escargots, s'il te plaît), pour Bergholtz où je ne voulais d'abord pas aller, et pour ta patience et ta sérénité à toute épreuve.

Merci à vous 6 de m'avoir suivie dans mon délire, d'avoir fait confiance à mes crises d'envie, et de m'avoir permis de refouler ce sol cher à mon cœur.

 

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lun. 25 août - dim. 07 septembre
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